Le chauffeur de l'équipe nationale de hockey
Texte mis à disposition par l'Association suisse des transports routiers ASTAG
Reto Grogg aime raconter son quotidien. Mais il sait aussi quand il doit retenir des informations. La discrétion est importante – pour sa propre protection, mais aussi pour celle de ses proches et des personnes avec lesquelles il travaille. «Mon entourage apprend certaines choses plus tard par les médias, mais beaucoup d'autres non. Ces informations, je les garde alors pour moi, cela fait finalement partie de mon travail», explique Grogg.
Concrètement, Reto Grogg a deux métiers: il travaille au service de sécurité de la police militaire et comme chauffeur de l'équipe suisse de hockey sur glace. Mais comment en arrive-t-on à des tâches aussi particulières?
Deux ingrédients...
D'abord, la passion. Enfant déjà, Grogg se tenait avec son père et son parrain dans le virage des supporters du CP Berne. «J'avais environ six ans quand j'ai assisté à un match pour la première fois. Après avoir vu l'ours sur la poitrine des joueurs et vécu ce sport en direct, j'étais fasciné. Et cette passion pour les Mutz est toujours là aujourd'hui.»
Cette passion s'est ensuite alliée à la volonté de se perfectionner constamment sur le plan professionnel. Au début de sa carrière, Grogg était fromager. De Huttwil à Untersteckholz, il a fini par atterrir en Suisse orientale, notamment à la fromagerie de démonstration d'Appenzell. «Mais j'avais des problèmes de genoux et je cherchais un métier où je devais moins rester debout», raconte Grogg. Il a décidé de passer le permis poids lourds et a transporté des marchandises dans toute l'Europe. Malgré des destinations que d'autres ne connaissaient que des vacances, les échanges lui manquaient. Il est donc passé au transport de personnes.
Après des années comme chauffeur de car et un bref passage comme collaborateur du service externe, il a voulu rejoindre la police militaire: «J'ai remarqué que je cherchais plus de sens dans mon travail.» Il l'a maintenant trouvé: protection rapprochée, transport de personnes protégées par le droit international, de Suisse et de l'étranger, transports de munitions, contrôle d'installations militaires. Une tâche exigeante, et pourtant Grogg dit: «Après 17 ans, je peux affirmer: je suis arrivé et je peux m'imaginer exercer cette tâche jusqu'à ma retraite.»
… à l'épanouissement professionnel
Reto Grogg a donc trouvé son métier principal. Il a pu notamment s'appuyer sur ses connaissances du transport de personnes. C'est précisément ce qui l'a finalement aidé à combiner son savoir-faire avec sa passion. «Après avoir quitté la branche des autocars de voyage, mon contact chez Eurobus m'a demandé si je voulais encore travailler de temps en temps comme auxiliaire. C'est ainsi que j'ai d'abord pu faire des voyages en car pour les supporters du SC Berne, et je les fais encore aujourd'hui», raconte Grogg.
Un an plus tard, on lui a demandé s'il pouvait aussi envisager d'effectuer des trajets pour l'équipe nationale: «J'ai alors répondu: ‹Dites-moi quand et où, et je serai là.›»
C'était il y a dix ans. Entre-temps, il fait presque partie du staff de l'équipe nationale. «Cela a donné lieu à de nombreux moments formidables. Que ce soit de voir de jeunes joueurs recevoir une convocation pour un championnat du monde ou, par exemple, le running gag selon lequel l'un des gardiens titulaires l'exclut du car depuis l'hôtel avant chaque départ: «Ce n'est pas méchant du tout, c'est sa façon de montrer son estime. En tout cas, cela me fait toujours sourire.»
Conduire plutôt que partir en vacances
Les tournois n'ont pas lieu seulement avant une phase finale. Reto Grogg sait généralement un an à l'avance quelles sont les dates de l'équipe nationale. Son métier principal et sa passion se combinent ainsi bien: «De temps en temps, cela me permet de récupérer des heures supplémentaires, mais il m'est aussi déjà arrivé de prendre des jours de vacances.»
En récompense, il vit des semaines variées dans un environnement passionnant qui compte beaucoup pour lui. Quand les physios ont besoin de quelque chose, Grogg se met en route. S'il faut porter quelque chose, il est là. Et lorsque l'entraîneur parle avec certains joueurs pendant le trajet, Grogg peut un peu écouter. «Les conversations ont toujours lieu juste derrière moi. J'ai déjà entendu beaucoup de choses – mais je n'ai jamais rien répété.»


Un rêve demeure
Reto Grogg est particulièrement sollicité lors des matchs de préparation. «Il peut arriver que des supporters sautent par-dessus les barrières et tentent ensuite de monter dans le car. Là, je dois être présent.» Car c'est un espace qui doit rester aux joueurs comme lieu de retraite.
Ses compétences sont appréciées. Reto Grogg est fidèle, discret, sait conduire et a toujours la protection des joueurs en point de mire. En même temps, il est ouvert, communicatif, les pieds sur terre. Et surtout fier: «C'est un privilège de pouvoir conduire et accompagner des présidents, le pape ou encore l'équipe nationale. J'en profite même beaucoup. Si l'équipe nationale pouvait aussi décrocher un titre de championne du monde, peut-être même en 2026 en Suisse, ce serait formidable.»
Reto Grogg aurait alors un autre magnifique épisode de son quotidien à raconter – un épisode qui sera sans doute un peu moins discret.